Mise en scène de Rita
Né en 1962 à Toulon, Eric Vigié poursuit ses études secondaires au Lycée Albert Calmette à Nice, où il obtiendra son baccalauréat. Parallèlement, il étudie la musique au Conservatoire National de Région de Nice, de 1977 à 1983 : le cor dans la classe de Paul Warin, la musique de chambre avec Jean Lapierre, le chant avec Rémy Corraza. Il obtient une médaille en solfège, et le Diplôme de fin d'études en musique de chambre, et en Histoire de la musique.
Il opte pour la mise en scène en 1981, et part alors aux Etats-Unis étudier avec Boris Goldovsky, au Curtis Institute de Philadelphie, et au South Eastern Mass. Univerity.
Il travaille ensuite avec Gian-Carlo Menotti au Festival de Spoleto puis à l'Opéra de Paris sur la production de Eugène Onéguine.
En octobre 1982, il est le premier boursier du Ministère de la Culture dans la section « Mise en scène lyrique ». Cette bourse le ramène à Nice, où Pierre Médecin l'engage par la suite comme assistant metteur en scène pour le reste de la saison 1982-1983.
A son retour, assistant à la mise en scène de l'Opéra de Nice, il participe à toutes les productions de cette maison jusqu'en 1993, date de son départ.
Il a travaillé avec plus de 40 metteurs en scène dont Margarita Wallman, Pier Luigi Pizzi, Goran Jävefelt, Jean-Pierre Ponnelle, P.L. Samaritani, Gian Carlo Del Monaco, Felipe San Just... Eric Vigié fut l'assistant de Daniel Mesguich sur la production du Ring de Richard Wagner à Nice, et au Théâtre des Champs Elysées en 1988.
Entre 1986 et 1990, Eric Vigié est également assistant à la mise en scène au Festival d'Aix-en-Provence, où il travaille avec George Lavelli, Jean-Claude Fall, et Georges Lavaudant, dont il remontera à l'Opéra de Nice la production de Die Entfürung aus dem Serail de Mozart (1988).
En 1986, il rencontre le scénographe Pet Halmen, dont il devient l'assistant et qui le formera à la réalisation des décors et des costumes. Leur collaboration les amène à travailler ensemble à l'Opéra de Pretoria (Die Zauberflöte), au Théâtre du Capitole (Der fliegende Holländer, Ariadne auf Naxos), au Staatstheater de Darmstadt (La clemenza di Tito), au GroBfestspielhaus de Salzburg (Turandot). Eric Vigié a repris ces spectacles au Teatro Bellini de Catania, à l'Opera de Ljubliana, et au Capitole de Toulouse.
Il sera également l'assistant personnel de Nicolas Joel, remontant plusieurs de ses productions prestigieuses (Opéra-Bastille et Scala de Milan) en France, en Espagne, et aux Etats-Unis. Il travaillera également avec Tobias Richter à l'Opéra du Rhin en 1992 (Cosi fan tutte), 1993 (Rigoletto, qu'il reprendra pour l'inauguration de la saison), et 1994 (Don Giovanni).
Dès 1989, Eric Vigié réalise ses propres productions (mise en scène, décors et costumes). Ainsi va-t-il créer avec l'Ensemble Venance Fortunat le drame liturgique du XIIe siècle Le jeu de Daniel.
L'Opéra de Nice lui confie en 1990 une production de La serva padrona de Pergolèse, qui tournera dans toute la région Côte d'Azur, et le Grand Théâtre de Limoges l'accueille pour une nouvelle production de Lakmé. Durant la saison Mozart à l'Opéra de Nice, il signe la mise en scène, décors et costumes de Ascanio in Alba, oeuvre de jeunesse de Mozart, dont c'est la création en France. Il met en scène à l'Acropolis de Nice Tristan und Isolde dans les décors de Pet Halmen, ainsi que La bohème au Nouveau Théâtre de Nice.
En 1992, il réalise pour l'Opéra de Nice, en coproduction avec l'Ensemble Baroque de Nice, Dorilla in Tempe, opéra de Vivaldi, présenté en France pour la première fois. Dans l'été 1993, Eric Vigié signe pour le Festival du Périgord Noir les deux productions de La canterina et de L'isola disabitata de Haydn. Ces deux opéras, rarement représentés, ont été repris sur la scène de l'Opéra de Chambre de France en décembre 1998, à Menton, au Palais de l'Europe.
En décembre 1993, il met en scène La bohème au Théâtre des Arts de Rouen, spectacle repris en Juin 1995.
En mai 1994, Eric Vigié signe une production de Poro, Re dell Indie de Haendel, au Nouveau Théâtre de Nice. Ce spectacle fut repris en Décembre 1994 au Théâtre du Capitole de Toulouse, où un opéra baroque était représenté pour la première fois.
L'Opéra de Nice l'accueille de nouveau en avril 1995 pour une nouvelle production de Otello de Rossini. Le festival de Strasbourg lui a confié au mois de juin 1995 une nouvelle production de la Die Zauberflöte, production reprise dans la saison de réouverture du nouveau Théâtre du Capitole en février 1997.
La carrière d'Eric Vigié se déroule également à l'étranger : à Santigo du Chili, où il a mis en scène Die Zauberflöte (1995), à Dublin il met en scène Rigoletto (1995), au Teatro Real Un ballo in maschera (1997), à l'Opéra de Los Angeles pour Samson et Dalila (1999).
Il a réalisé en octobre 1995 une nouvelle production de Tosca pour l'ouverture de saison du Théâtre des Arts de Rouen, en coproduction avec l'Opéra de Dublin et le Zuid Opera des Pays-Bas.
Sa mise en scène des Joyeuses commères de Windsor de O. Nicolaï a remporté un succès considérable à l'Opéra-Comique en décembre 1995. Dans ce même théâtre, il mettra en scène également Le comte Ory de Rossini (1997).
Eric Vigié a été l'un des premiers metteurs en scène occidentaux invité au Théâtre Marinsky de Saint-Pétersbourg (Kirov) pour une nouvelle production de Carmen, dirigée par Valery Gerguiev. Cette production fit l'objet de 6 représentations en tournée à Tokyo en novembre 1996.
Sa carrière dans ces grands théâtres ne l'empêche pas de se consacrer à un répertoire et à des salles plus intimes : La servante maîtresse avec Opéra en Ile de France : cette production aura bénéficié d'une large diffusion dans la couronne parisienne, avec plus de 24 représentations, mais aussi Cosi fan tutte, La canterina et L'isola disabitata pour l'Opéra de Chambre de France à Menton, La voix humaine et Les adieux de Marcel Landowsky au Théâtre de la Filature à Mulhouse, La Senna festeggiante de Vivaldi au Festival Baroque de la Roya.
Le Teatro Nacional de la Zarzuela lui a confié pour le mois de mai 2000 une nouvelle production, en coproduction avec le Capitole de Toulouse, d'un ouvrage français du XIXe siècle intitulé Le revenant, « opéra fantastique », de Melchior Gomis.
Il réalise également une nouvelle production de Manon à l'Opéra de Bern en Février 2001 (reprise en février 2003 pour le Jubilée du Staattheatre Bern), ainsi qu'une nouvelle production des Mousquetaires au couvent à l'Opéra de Nice en Avril 2001, coproduite avec le Capitole de Toulouse.
Il vient de mettre en scène Samson et Dalila au Houston Grand Opera sous la direction de Philippe Jordan.
En mars 1997, Eric Vigié est engagé comme Coordinateur Artistique du Teatro Real à Madrid, où il assure la préparation artistique de l'ouverture du nouveau théâtre, la planification et coordination générale de la saison artistique, l'organisation artistique des productions et des coproductions, le contrôle des budgets affectés aux productions, coproductions et locations de production, l'engage ment des équipes artistiques, la recherche et le choix des productions.
Dans ce cadre, le 11 juillet 2001, il a réalisé et mis en scène le 150e anniversaire du Teatro Real sous la direction musicale de Placido Domingo, retransmis en direct par la TVE.
Il y a mis en scène, en avril 2003, une nouvelle production de Rita de Donizetti.
En Juillet 2004, il participe au Festival de Pergine, dans le Trento, et réalise une nouvelle production de Gianni Schicchi de G. Puccini.
Du 1er Octobre 2002 à Mai 2004, Eric Vigié est directeur artistique du Teatro Giuseppe Verdi à Trieste, un des douze théâtres lyriques nationaux italiens, devenant ainsi le premier directeur artistique étranger a diriger un théâtre italien. Il fut également directeur artistique du Festival Internazionale dell'Operetta de Trieste. Il a passé les six derniers mois de l'année 2004 comme assistant du Generalintendant de la Deutsche Oper Am Rhein Düsseldorf-Duisbourg.
En juin 2004, Eric Vigié est nommé Directeur Général de l'Opéra de Lausanne



