The artistic collaboration and deep friendship between Maurice Béjart and Pierre Henry, who is also known for inventing concrete music with Pierre Schaeffer, have made history. Symphonie pour un Homme seul is the founding work of the Béjartian style, and will be performed by the BBL to complete this new programme.
“What is time in a work on magnetic tape ?” asked Pierre Henry in his diary Journal de Mes Sons (1979). It is a rhythmic quality imposed by rigid durations. What I means is, through live, naturally textured, intersecting sounds, arranged according to our will, we create an artificial tempo. This rhythm, I wouldn’t say that we write it so much as we devise it. We play it. And to play it, we perform emotional gestures, jerky, linear, strong, weak : the very gestures that Béjart invented for dance”. The encounter is a physical one. It speaks to the mind as much as the body as long as it is approached without prejudice, with eyes and ears wide open. What is the link that connects the dancer of today, surrounded by contemporary rhythms, to this music which overturned the cultural landscape and influenced all subsequent artistic trends ?
___
Improvisation
Based on the dramatic structure conceived by Maurice Béjart for Variations pour une porte et un soupir Premiere Opéra de Lausanne, November 27, 2020
At the opening of the evening, the BBL finds resonance by drawing on the dramatic structure of the ballet Variations pour une Porte et un Soupir, created in Brussels in 1965 to the music of Pierre Henry. Although here, the score is entrusted to the group Citypercussion. The original version is present in the form of echos and integrated sound effects, mixed into the sixteen new compositions. Seven dancers enter the stage. The choreographer is absent. The title of each of sixteen pieces is written on a huge blackboard : Sleep, Gymnastics, Nothing… each title has number that the artists must draw at random and interpret freely in improvisation, as a solo, a duet, or in any combination.
___
La porte
Première Brooklyn Academy, New-York, 1970
The second part of the programme is also exploratory, but this time it’s an exploration of form. In 1970, for the launch of the Brooklyn Academy season in New York, Maurice Béjart caused a sensation by presenting La Porte, a solo en pointe set for Maïna Gielgud to the music of four of the Variations pour une Porte et un Soupir. Here, Gil Roman poses questions about identity by entrusting the role to another dancer for the first time.
___
Symphony for a single man
Premiere at the Théâtre de l’Étoile, Paris, July 26, 1955
The evenings ends with a beginning, with Symphonie pour un Homme Seul, performed now, sixteen years since its last performance at the Théâtre Métropole in Lausanne. The piece was created in Paris in front of a sparse audience on the 26th of July 1955, and at that time, it unveiled a choreographer whose unique personality and talent would revolutionise the art of ballet. Born from an impromptu meeting between the choreographer and two Pierres, this is the definitive early work of a young choreographer that displays the breadth of his aspirations. It is the unusual piece that introduces him to the world.
If the chronicle reports that the first one held only the attention of the ushers, of some curious people and of… Serge Lifar, who remained in the capital despite the scorching summer, this meditation on modern solitude presented on a bare stage, the anxious wandering of a man in a city universe teeming with an anonymous and hostile crowd, announces the tipping point (and the torments) of contemporary society. And suggests the imperative need to rise to survive…
Many times danced since its creation, Symphony for a Single Man still fascinates and upsets the audience. “Let the modern dancer, without costume or decor, be without drums or trumpets, wrote Pierre Schaeffer at the time. To the rhythm of his own heart, if he is sincere, his dance will be truer”…
Jean Ellgass
Executive director of the Béjart Ballet Lausanne
Photo © BBL – Marc Ducrest
Pierre Henry est né le 9 décembre 1927 à Paris, il étudie la musique dès l’âge de 7 ans. En 1944, guidé par Olivier Messiaen, il compose et pense à la musique du futur. Sa rencontre avec Pierre Schaeffer est déterminante pour sa création. Inventeur de procédés techniques de composition maintenant largement standardisés, il n’a cessé de donner à cette musique un souffle et une ambition qu’on ne lui soupçonnait pas au départ, en construisant un ensemble colossal et varié d’œuvres qui continuent de toucher tous les publics et toutes les générations. Il a également créé un « son » aussi personnel et reconnaissable que ceux des plus fameux musiciens de jazz, et imposé un univers d’une ampleur cosmique, un véritable monde où l’archaïque et le mythique côtoient le familier, et qui chante les émerveillements, les espoirs et les hantises de notre époque.
Pendant près de trente ans, le danseur a interprété les plus célèbres ballets de Maurice Béjart avant de créer à son tour et de lui succéder. Formé par Marika Besobrasova, Rosella Hightower et José Ferran, Gil Roman a rejoint en 1979 le Ballet du XXe Siècle de Maurice Béjart. Pendant près de trente ans, il interprète les plus célèbres ballets du chorégraphe. En 2007, Maurice Béjart le désigne comme son successeur à la tête du Béjart Ballet Lausanne.
Depuis 1995, son parcours chorégraphique est riche de créations : L’habit ne fait pas le moine, Réflexion sur Béla,Échographie d’une baleine, Casino des Esprits, Aria, Syncope, Là où sont les oiseaux (présentée en première mondiale au China Shanghai International Arts Festival en 2011) et Anima blues. Depuis cette dernière œuvre en 2013, six créations ont rejoint le répertoire : 3 Danses pour Tony, Kyôdaï, Tombées de la dernière pluie, Impromptu…, t ‘M et variations…, présentée le 16 décembre 2016, en inauguration de l’année 2017, marquant les 30 ans du BBL et les 10 ans de la disparition de Maurice Béjart. En avril 2019 à l’Opéra de Lausanne, il présente sa dernière création Tous les hommes presque toujours s’imaginent entièrement chorégraphiée sur la musique de John Zorn.
La carrière de Gil Roman représente plus de quarante ans de danse ininterrompue. Elle a été couronnée en 2005 par le Danza & Danza Award du meilleur danseur pour son interprétation de Jacques Brel dans le ballet Brel et Barbara, puis, en 2006, par le prestigieux Nijinsky Award décerné par le Monaco Dance Forum.
En 2014, la Fondation vaudoise pour la culture lui a remis son Prix du rayonnement. En novembre de la même année, lors de la tournée asiatique de La IXe Symphonie, il s’est vu remettre le prix spécial du Festival des arts de Shanghai. L’année suivante, au KKL de Lucerne, il a reçu le Prix Maya Plisetskaya 2015 lors d’une soirée en hommage à la grande danseuse disparue cette année-là. Son Excellence M. René Roudaut, ambassadeur de France en Suisse, lui a décerné, le vendredi 29 mai 2015 à Lausanne, les insignes de chevalier dans l’Ordre national du Mérite, l’une des décorations françaises les plus prestigieuses. Quatre ans plus tard, le Conseil d’État du canton de Vaud lui a remis le Mérite cantonal pour sa « contribution remarquable à la chorégraphie et à la danse ».
Des Ballets de l’Étoile à Paris en 1955 à la création du Béjart Ballet Lausanne en 1987, le chorégraphe a marqué à jamais le monde de la danse.
Maurice Béjart naît à Marseille le 1er janvier 1927. Il commence sa carrière de danseur à Vichy en 1946, la poursuit auprès de Janine Charrat, de Roland Petit et surtout, à Londres, au sein de l’International Ballet. À l’occasion d’une tournée en Suède avec le Ballet Cullberg (1949), il découvre les ressources de l’expressionnisme chorégraphique. Un contrat pour un film suédois le confronte une première fois à Stravinsky, mais, de retour à Paris, il se fait la main sur des pièces de Chopin sous l’égide du critique Jean Laurent. Le danseur se double dès lors d’un chorégraphe. En 1955, à l’enseigne des Ballets de l’Étoile, il sort des sentiers battus avec Symphonie pour un homme seul. Remarqué par Maurice Huisman, nouveau directeur du Théâtre Royal de la Monnaie, il règle un triomphal Sacre du Printemps quatre ans plus tard. L’année suivante, le chorégraphe crée, à Bruxelles, le Ballet du XXe Siècle, une compagnie internationale à la tête de laquelle il sillonne le monde entier, tandis que la liste de ses créations s’allonge : Boléro, Messe pour le temps présent et L’Oiseau de Feu. En 1987, le Ballet du XXe Siècle s’installe dans la capitale olympique et devient le Béjart Ballet Lausanne. En 1992, Maurice Béjart décide de réduire la taille de sa compagnie à une trentaine de danseurs pour « retrouver l’essence de l’interprète » et fonde, la même année, l’École-Atelier Rudra Béjart Lausanne. Parmi les nombreux ballets créés pour le BBL, citons Le Mandarin merveilleux, King Lear – Prospero, À propos de Shéhérazade, Lumière, MutationX, La Route de la soie, Le Manteau, Enfant-Roi, La Lumière des eaux et Le Presbytère n’a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat. Metteur en scène de théâtre (La Reine verte, Casta Diva, Cinq Nô modernes, A-6-Roc), d’opéra (Salomé, La Traviata et Don Giovanni), réalisateur de cinéma (Bhakti, Paradoxe sur le comédien…), Maurice Béjart a également publié plusieurs livres (roman, souvenirs, journal intime, pièce de théâtre). En 2007, à l’aube de ses 80 printemps, il donne naissance à La vie du danseur racontée par Zig et Puce. Alors qu’il crée ce qui sera sa dernière œuvre, Le Tour du monde en 80 minutes, Maurice Béjart s’éteint à Lausanne le 22 novembre 2007.
Pierre Henry est né le 9 décembre 1927 à Paris, il étudie la musique dès l’âge de 7 ans. En 1944, guidé par Olivier Messiaen, il compose et pense à la musique du futur. Sa rencontre avec Pierre Schaeffer est déterminante pour sa création. Inventeur de procédés techniques de composition maintenant largement standardisés, il n’a cessé de donner à cette musique un souffle et une ambition qu’on ne lui soupçonnait pas au départ, en construisant un ensemble colossal et varié d’œuvres qui continuent de toucher tous les publics et toutes les générations. Il a également créé un « son » aussi personnel et reconnaissable que ceux des plus fameux musiciens de jazz, et imposé un univers d’une ampleur cosmique, un véritable monde où l’archaïque et le mythique côtoient le familier, et qui chante les émerveillements, les espoirs et les hantises de notre époque.